Fermer

Vivre plus sainement?

Quelle est l’efficacité des masques?

Que faire si l’on ne trouve pas de masque? À quoi faut-il veiller lorsqu’on porte un masque? Quel est le meilleur tissu pour en coudre soi-même? Un masque peut-il constituer un risque? Les principales questions et réponses.

Près de la moitié des infections par le nouveau coronavirus surviennent probablement avant même que la personne infectée ne présente des symptômes. Lors d’éternuements et d’une toux, en particulier, elle projette par la bouche un «nuage» de gouttelettes, pour la plupart invisibles. Ce nuage peut parcourir plusieurs mètres en quelques secondes, comme le montre cette vidéo. Les plus grosses gouttelettes contiennent davantage de virus que les plus petites. Mais elles se déposent très rapidement sur le sol ou des surfaces situées le long de sa trajectoire. Les plus petites gouttelettes, projetées pendant que la personne parle normalement, peuvent rester dans l’air pendant plusieurs minutes et libérer de minuscules particules virales, lesquels peuvent, dans une pièce fermée, rester en suspension dans l’air sous forme d’«aérosol» pendant des heures. Jusqu’ici, les experts pensaient que ces aérosols ne présentaient qu’un faible risque d’infection, mais ils ne sont pas encore certains que cela s’applique également aux nouveaux coronavirus.

L’utilité des masques

Comment fonctionne un masque?

La taille des nouveaux coronavirus est inférieure à deux millièmes de millimètre (0,2 micromètre). Les pores des masques sont beaucoup plus gros et les virus peuvent donc s’y introduire. Toutefois, l’efficacité des masques est garantie par la charge électrostatique. Celle-ci «attire» en quelque sorte les virus. Si un masque était si serré qu’aucun virus ne pourrait plus le traverser, l’air ne pourrait pas non plus s’infiltrer.

Quelle est l’efficacité des masques comme protection contre les nouveaux coronavirus?

Il subsiste ici encore des incertitudes. Un fait relevé en Chine permet d’espérer qu’ils pourraient être utiles: un homme, ignorant qu’il souffrait du coronavirus, a conduit un bus sans masque et a, semble-t-il, contaminé cinq passagers pendant les deux heures de voyage. Au cours du trajet d’une heure qui a suivi, dans un minibus, il portait un masque et personne n’a été infecté. Toutefois, cela ne constitue pas une preuve de l’efficacité du masque. Mais une chose au moins est certaine: si tant est qu’ils le soient, les masques ne sont utiles que s’ils sont utilisés correctement.

Qui a besoin d’un masque?

Principalement les personnes qui prennent en charge des patients atteints par le coronavirus, car elles sont exposées à un nombre beaucoup plus important de virus et présentent donc le plus grand risque d’infection. L’Office fédéral de la santé publique reconseille également de porter un masque à celles et ceux qui s’occupent de personnes particulièrement vulnérables ou qui souffrent d’une maladie respiratoire, s’ils ne peuvent plus maintenir une distance sociale minimale de deux mètres. Les masques sont également recommandés si une personne du même ménage est malade (pour le malade et la personne aidante) ou si l’on doit aller consulter un médecin pour des symptômes de refroidissement. (Poursuivez votre lecture ci-dessous…)

Nouveau coronavirus: voici comment nous protéger

Vers le dossier

Les différents types de masques

Quels types de masques existe-t-il?

Il en existe deux types: les masques faciaux (masques chirurgicaux) et les masques respiratoires. Les masques chirurgicaux doivent permettre, par exemple, d’éviter qu’un chirurgien n’infecte le patient pendant une opération. Mais ils ne sont pas, en fait, conçus pour protéger leur porteur contre une infection. Les masques respiratoires, en revanche, empêchent dans une large mesure l’inhalation de minuscules particules nocives. Il existe trois modèles: FFP1, FFP2 et FFP3. Plus le chiffre est élevé, plus la protection est efficace. Les masques respiratoires doivent épouser parfaitement la forme du visage et n’ont aucune utilité avec une barbe. Ils ne sont nécessaires que si le risque d’infection dans l’environnement est très élevé, par exemple lorsqu’une personne malade doit être intubée pour être placée sous respiration artificielle ou si elle nécessite une bronchoscopie.

Dans quelle mesure les masques chirurgicaux protègent-ils leur porteur contre les refroidissements?

Ici, les experts ont changé de point de vue. En 2011, un groupe de chercheurs a découvert que les masques offrent un certain degré de protection contre les infections grippales et permettent de réduire le risque d’infection d’environ 70%. Les chercheurs avaient analysé les rares études menées jusque-là. Les masques chirurgicaux obtenaient des résultats similaires à ceux des masques respiratoires. Récemment, les chercheurs se sont de nouveau exprimés sur le sujet. Ils n’ont alors pris en considération que les études particulièrement significatives – et sont parvenus à la conclusion que les masques ne sont d’aucune utilité en ce qui concerne les affections grippales. Néanmoins, le port du masque est recommandé pour le personnel soignant.

Dans quelle mesure les masques chirurgicaux protègent-ils les personnes se trouvant à proximité immédiate?

Une expérience avec des personnes enrhumées qui portaient des masques a révélé que le nombre de virus présents dans l’air était nettement inférieur. Mais cette expérience n’a duré que 30 minutes et tous les participants portaient correctement leur masque.

Comment enfiler et porter un masque

Comment enfiler correctement un masque?

Se laver ou se désinfecter d’abord les mains, puis ne saisir le masque qu’en haut et en bas, et le placer sur la bouche et le nez. Plier la barrette nasale pour qu’elle soit bien ajustée. Fixer le masque avec les cordons. Une fois en place, ne pas toucher le masque avec les mains, même pour le retirer. Se laver les mains après avoir retiré le masque. Voici un graphique qui montre comment procéder. Avec un masque respiratoire, il convient tout d’abord d’effectuer un «test de d’étanchéité»: si de l’air s’échappe au bord du masque quand on expire fortement, celui-ci n’est pas ajusté de manière suffisamment étanche.

À quoi faut-il veiller lorsqu’on porte un masque?

Des démangeaisons apparaissent souvent sous un masque. Une certaine autodiscipline est alors indispensable: ne toucher ni son visage ni le masque pour éviter de déposer avec sa main d’éventuels virus à ces «points d'entrée». Une autre erreur consiste à ne porter le masque que sur la bouche ou à le laisser pendre autour de son cou.

À quelle fréquence faut-il changer de masque?

Les masques chirurgicaux sont, en fait, destinés à un usage unique. Cependant, compte tenu de la pénurie, de nombreux soignants réutilisent leur masque après l’avoir laissé sécher pendant la nuit. Il est essentiel de toujours porter son propre masque uniquement ainsi que de le faire sécher et de le stocker séparément d’autres masques (de préférence dans un sac en papier propre, et non pas dans un récipient hermétique). Si un masque est humide ou endommagé, il doit être remplacé. C’est pourquoi, il ne faut pas mettre le masque dans sa poche à côté d’un trousseau de clés, car les clés pourraient le transpercer. S’il est souillé avec de la saleté ou des crachats, il ne faut plus le réutiliser. (Poursuivez votre lecture ci-dessous…)

Comment gérer la situation actuelle?

Vers le dossier

Quel est l’effet des masques?

Quels effets secondaires un masque peut-il entraîner?

Il peut provoquer des irritations de la peau, davantage de maux de tête et peut également gêner pendant le travail. De plus, il rend difficile la compréhension des expressions faciales d’un vis-à-vis.

Le port d’un masque peut-il constituer un risque?

Oui, et il peut même augmenter le risque d’infection si son porteur devient négligent et ne respecte plus les règles d’hygiène des mains et de distanciation sociale (par exemple dans l’ascenseur, pendant des réunions ou dans le bus). Il ne faut en aucun cas utiliser un masque pour aller travailler si l’on présente des symptômes de refroidissement.

Quels autres effets un masque peut-il entraîner?

Il est aussi le signe que vous pourriez être contagieux et permet ainsi de tenir les autres à distance. Et pour certaines personnes, il agit un peu comme un talisman, dont elles espèrent qu’il les protégera. Mais il est préférable de ne pas trop se fier à ce type de croyance.

Les alternatives possibles

Que faire si l’on ne dispose pas de masque?

Vu la pénurie d’équipements de protection, même la célèbre revue médicale américaine «Jama» a récemment posé cette question. Suggestions des lecteurs: confectionner un masque avec le filtre de la climatisation, des filtres anti-allergènes, des sacs d’aspirateur ou des filtres à café. Utiliser un masque de plongée avec un tuba et placer un filtre à l’extrémité du tuba. Demandez des masques aux propriétaires de salons de manucure, d’ateliers, de peintres ou de dentistes. Enfiler un cache-cou sur le masque comme les skieurs en utilisent souvent. Toutefois, rien de tout cela n’a été testé scientifiquement et avéré efficace. Certaines de ces suggestions pourraient même constituer un risque, car pour de nombreux filtres, on ne sait pas quels produits chimiques ils contiennent et s’ils peuvent, par exemple, irriter la peau. L’une des quelque 275 idées proposées était aussi de coudre soi-même des masques avec du tissu.

Quelle est l’efficacité des masques en tissu?

Comparés aux masques respiratoires et chirurgicaux, ils constituent le dernier recours. Les particules d’un diamètre inférieur à 2,5 micromètres ne sont quasiment pas retenues par les masques en tissu. Lors d’une expérience, les porteurs de masques en tissu étaient même plus nombreux à présenter des symptômes de type grippal que ceux qui portaient des masques chirurgicaux. Cela n’est pas surprenant, car les gouttelettes présentes sur le masque et contenant des virus peuvent s’infiltrer à l’intérieur lors de la respiration. Cependant, si une personne est contagieuse, un masque en tissu peut contribuer à réduire la distance parcourue par les gouttelettes. Le simple bon sens nous dit qu’un masque en tissu est déjà mieux que rien, écrivent trois médecins dans la revue «Jama». Mais cette protection reste très faible.

Comment coudre soi-même des masques?

Voici la façon la plus simple de confectionner son propre masque en tissu. Vous trouverez des instructions de couture sur YouTube et sur Internet. Les textiles avec les plus petits pores sont les non-tissés microfibre comme ceux utilisés pour la chamoisine à lunettes ou spéciale vitres. Mais les pores sont également beaucoup plus gros que les coronavirus. Les masques chirurgicaux sont généralement en non-tissé meltblown. Il est important que le tissu du masque soit lavable à au moins 60 degrés. Le masque doit épouser correctement la forme de la bouche, du nez et des joues, être bien ajusté sur les bords pour minimiser l’entrée d’air et gêner le moins possible la respiration. Un modèle fait-maison a même été testé en 2006. Utiliser un bon t-shirt en coton qui a tout d’abord été bouilli dans de l’eau pendant dix minutes pour que le tissu se rétracte. Confectionner ensuite un masque conformément à ce modèle. Les inventeurs ont souligné le fait que ce masque offrait une protection nettement moins élevée que les masques respiratoires de grande qualité. Et les personnes qui souffrent déjà de problèmes respiratoires ne devraient pas utiliser ce type de masque, car il rend la respiration plus difficile. Des vétérinaires chinois ont récemment indiqué qu’un masque composé de plusieurs couches de papier de cuisine et d’une couche de polyester avait déjà fait ses preuves. D’autres experts, en revanche, déconseillent vivement les textiles synthétiques tels que le polyester – ce qui montre à quel point la science en sait peu sur ce sujet.

Qu’en est-il de la protection des yeux?

Les coronavirus peuvent probablement pénétrer aussi par la conjonctive oculaire. Des lunettes classiques n’offrent pas une protection suffisante si l’on tousse ou éternue. Une paire de lunettes de protection achetée dans un magasin de bricolage est plus efficace. Les personnes qui ne parviennent pas à s’en procurer trouveront des conseils dans la revue spécialisée «Jama»: Porter un casque de moto avec une visière ou fabriquer des lunettes de protection à partir d’une bouteille PET vide.

Autres sources: Jama, New England Journal of Medicine, PLoS One, BMJ, Journal of Exposure Science and Environmental Epidemiology, The Annals of Occupational Hygiene, Swissnoso

de Dr med. Martina Frei,

publié le 08.04.2020

Continuer à lire


Cela pourrait également vous intéresser:

S’abonner à la newsletter et gagner un an de courses pour Fr. 3’000

S'abonner
geschenk-icon.jpg