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Où ont lieu les contagions par le coronavirus?

Comment réduire le risque lors de voyages en avion, pourquoi il ne faut pas inhaler de la vapeur durant la crise du coronavirus et les effets d’un masque qui ne recouvre que la bouche.

Où la plupart des personnes ont-elles été infectées jusqu’à présent?

 

À l’heure qu’il est, la plupart des contaminations ont eu lieu dans des moments de convivialité. Le plus souvent, les personnes se contaminent au sein même du domicile. Pendant la période des vacances, le virus est de plus en plus contracté lors des voyages. La plupart des infections se répètent localement. Les spécialistes parlent de «clusters» ou de foyers d’infection.

Un cas typique est celui d’une paroisse américaine, où au moins 35 personnes ont été contaminées par le pasteur et sa femme alors que ni l’un ni l’autre ne présentaient encore de symptômes. Ces 35 personnes ont à leur tour transmis le virus à 26 autres personnes minimum.

Le nombre d’individus contaminés par quelqu’un dépend surtout des circonstances: à l’air libre, en respectant une distance suffisante, il est très peu probable d’être infecté. À l’inverse, le risque est élevé dans les espaces clos, où les contacts sont rapprochés.

D’autres facteurs entrent probablement en jeu, tels que la manière dont le système immunitaire de la personne infectée va répondre à l’infection. Des conditions extérieures telles qu’un ventilateur, par exemple, peuvent également favoriser la transmission du virus. Enfin, les caractéristiques des virus, que certains détails permettent de différencier, peuvent également expliquer une contamination.

Sommes-nous en sécurité dans les transports publics?

Chercheurs autrichiens n’ont jusqu’à présent constaté aucune accumulation de cas due à l’utilisation des transports publics. En revanche, le métro de la ville de New-York (lien en anglais) aurait contribué de manière significative à la propagation du Sars-CoV-2. Et de tels cas existent également en Chine. Dans un bus (lien en anglais), par exemple, pendant un trajet de 100 minutes, 23 des 66 passagers auraient été infectés par une femme qui ne présentait aucun symptôme. Dans ce bus, les sièges les plus «protégés du virus» étaient ceux situés près d’une fenêtre et de la porte (la femme était assise à peu près au milieu du véhicule). Le fait aussi que la ventilation du bus était réglée sur «recirculation interne» a eu probablement un impact négatif, car il n’y avait quasiment aucun apport d’air frais dans le véhicule. Déterminer exactement où une personne a été infectée peut être très difficile et conduire rapidement à des conclusions erronées. En effet, environ la moitié des contaminations par les nouveaux coronavirus surviennent probablement lorsqu’une personne semble encore en bonne santé mais est déjà contagieuse.

Dans les transports publics, les mêmes règles s’appliquent qu’ailleurs: maintenir une distance aussi grande que possible et limiter au maximum la durée du trajet. Si quelqu’un est contagieux, les personnes assises à proximité sont celles qui sont le plus exposées aux virus. (Sources: dlr.deOxford Academic)

Comment réduire le risque d’infection dans les avions?

Outre les mesures habituelles (+ les masques), il peut être judicieux d’emporter un petit flacon de désinfectant (lien en anglais) pour les mains et, après l’embarquement, d’essuyer tous les boutons, accoudoirs, surfaces lisses, etc., avec des lingettes désinfectantes (bien que des compagnies aériennes comme Swiss aient déjà renforcé leurs procédures de nettoyage). Dans la mesure où le renouvellement de l’air pendant le vol est meilleur qu’au sol, il est conseillé d’embarquer le plus tard possible dans l’avion et de débarquer le plus vite possible. Pour réduire les contacts avec les autres voyageurs, un siège près d’un hublot est préférable à un siège près de l’allée. Et si vous souhaitez également réduire les contacts avec le personnel de bord, apportez votre propre snack.

Il est aussi judicieux d’ouvrir la buse d’air au-dessus du siège, car elle souffle de l’air fraîchement filtré. L’air dans la plupart des gros avions est filtré en permanence, avec des filtres (lien en anglais) qui sont plus performants qu’un masque de protection respiratoire. Une douzaine de fois par heure environ, l’air est renouvelé à l’intérieur de l’avion avec de l’air extérieur frais. Les gros avions sont équipés de systèmes de ventilation à des intervalles de quatre à sept rangées de sièges. Ils sont aussi performants que ceux des salles d’opération. L’air n’est donc pas soufflé longitudinalement dans tout l’avion mais, comme l’illustre cette animation, circule à l’intérieur de la zone. Toutefois, si les passagers se promènent beaucoup (lien en anglais), cela fonctionne moins bien. On suppose que les passagers des deux rangées situées devant et derrière une personne malade sont les plus exposés à un risque d’infection. Ceux qui peuvent se permettre de voyager en classe affaires ou en 1ère classe ont l’avantage que moins de passagers sont assis dans un espace restreint.

Les vacances à la plage constituent-elles un risque?

Les nouveaux coronavirus tolèrent mal les rayons UV et la brise marine dilue rapidement les éventuels virus présents dans l’air. Tant que la distance avec les autres est maintenue, il n’y a donc guère de risque sur une plage. Pour être sûr d’être bien protégé, il est préférable de ne pas s’allonger dans le «flux d’air» en provenance de ses voisins. Selon les calculs d’ingénieurs (lien en anglais), les gouttelettes de salive, quand une personne tousse, parcourent environ six mètres en une seconde avec un vent de 15 km/h. Moins il y a de vent, plus la distance parcourue est courte.

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Le nombre de virus qui atteignent une personne est-il un facteur important?

Oui. Moins de 20 norovirus, lesquels provoquent des diarrhées, peuvent suffire pour une infection; en revanche, en ce qui concerne les virus de la grippe, il en faut plusieurs centaines. Mais on ne sait pas encore combien de coronavirus sont nécessaires pour provoquer une infection. Selon les hypothèses les plus récentes, il faut 100 à 5000 virus pour qu’il y ait contagion. Une personne infectée peut donc probablement, par sa seule respiration, exhaler suffisament de virus en un quart d’heure pour infecter quelqu’un. Il se pourrait néanmoins que la maladie du Covid-19, lorsque la quantité de virus inhalés est moindre, soit plus bénigne qu’avec un grand nombre de virus.

Quelle est la probabilité d’une infection transmise par voie aérienne?

Cela fait l’objet de débats chez les scientifiques depuis plus d’un an. Il est désormais considéré comme certain que les virus se propagent aussi par les aérosols. Ces derniers sont de minuscules gouttelettes invisibles qui sont si légères qu’elles peuvent flotter longtemps dans l’air d’une pièce fermée. Cependant, comme elles sont très petites, elles ne peuvent transporter que très peu de virus. Il faudrait donc sans doute inhaler l’air pendant un certain temps avant d’atteindre la «dose infectieuse» nécessaire.

Un rapport de Chine est souvent cité à cet égard. Une personne qui n’était pas malade mais déjà contagieuse était assise à une table dans un restaurant (lien en anglais). Quelques jours plus tard, des personnes qui avaient mangé aux deux tables situées à gauche et à droite sont tombées malades. De telles anecdotes ne prouvent certes pas que la maladie se transmet par les aérosols, mais il existe aujourd’hui plusieurs rapports similaires et différents articles spécialisés qui soulignent que les aérosols sont infectieux (lien en anglais) – même s’ils le sont beaucoup moins qu’une quinte de toux.

Qu’en est-il du risque d’infection dans les pièces fermées?

Une chose est sûre: il est beaucoup plus élevé qu’à l’extérieur. Sur plus de 1200 personnes malades en Chine dont le mode d’infection a été retracé par des chercheurs (lien en anglais), seules deux avaient probablement été infectées en plein air. Les éléments déterminants sont les suivants: combien de personnes infectées séjournent dans la pièce et pendant combien de temps, à quelle fréquence la pièce est-elle ventilée, à quelle distance les personnes se tiennent-elles les unes des autres et dans quelle mesure respectent-elles les règles d’hygiène? Des scientifiques américains ont tenté d’évaluer le risque que représentent les gouttelettes rejetées dans l’air (lien en anglais) lorsqu’une personne parle et surtout quand elle chante. Chez une personne contagieuse, elles peuvent contenir des virus.

L’hypothèse des chercheurs: une gouttelette sur trois (de 50 micromètres) environ transporte au moins un coronavirus. Toutefois, ces gouttelettes disparaissent rapidement de l’air car elles tombent sur le sol à une vitesse de près de sept centimètres par seconde. Elles se dessèchent aussi très rapidement et se rétractent – si l’air est sec. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle les médecins déconseillent d’inhaler de la vapeur (lien en allemand). Avec une taille de 10 micromètres, il est probable que seule une gouttelette sur trois environ contient des virus.

Cependant, le processus de rétractation entraîne le ralentissement de la vitesse de la chute, laquelle passe à seulement 35 millimètres par seconde. Les gouttelettes les plus petites restent donc plus longtemps dans l’air. Un individu inspire et expire environ 14 mètres cubes d’air par jour, l’échange gazeux est donc considérable. Et lorsqu’il tousse, non seulement il rejette beaucoup plus de gouttelettes qu’en parlant, mais celles-ci sont aussi parfois beaucoup plus grosses (un à 1000 micromètres) et donc plus infectieuses.

de Dr med. Martina Frei,

publié le 05.06.2020, ajusté le 12.08.2021


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