L’allergie est une vraie gêne dans la vie

Denise Scheidegger (22), de Niederbipp, souffre de rhume des foins et d’autres allergies depuis la puberté. Elle nous raconte comment elle vit sa maladie.

Quand les symptômes sont sévères, je ne sors même pas de la maison. D’une part parce que ça va mieux à l’intérieur, d’autre part parce que dehors, j’ai toujours l’impression que tout le monde me regarde. Ce matin par exemple, j’ai brièvement aéré mon appartement – et un érythème s’est aussitôt formé sous mon œil.

En ce moment, il y a dans l’air des pollens d’aulne, de noisetier et de bouleau, auxquels je suis allergique. Je me sens vraiment défigurée quand mon visage est gonflé à cause de l’allergie ou quand ma peau s’enflamme.

Les symptômes

Informations sur l’allergie au pollen

Pour des informations précises sur les pollens disséminés dans l’air en Suisse, reportez-vous à www.pollenundallergie.ch.

Le aha! Centre d’allergie Suisse est un point de contact important. Les brochures «Allergie au pollen», «Traitement de l’allergie pollinique», «Guide des pollens», «Immunothérapie spécifique» ainsi que le «Calendrier pollinique» peuvent y être téléchargées.

Cela a commencé à la puberté. Je dormais mal, me réveillais le matin avec le nez qui coulait et me démangeait et avec une éruption cutanée. On a alors découvert que cela venait des acariens.

Peu après, j’ai eu des problèmes à l’extérieur – les pollens. Au nez qui démangeait se sont ajoutés des yeux irrités, larmoyants, gonflés et rouges. J’éternuais sans arrêt.

Mon médecin redoutait déjà depuis longtemps que j’aie le rhume des foins ou des allergies. Depuis ma naissance pratiquement, je souffre de dermatite atopique, ce qui augmentait donc la probabilité d’autres allergies. Mon père est également allergique aux pollens. J’ai alors contracté mes allergies à 13 ans.

Différentes allergies

J’ai consulté un dermatologue, qui m’a fait faire des tests cutanés et sanguins. Ils ont montré que j’étais allergique à différents types de pollens, aux graminées, aux acariens, aux poils d’animaux, aux fruits à coque et un peu au venin d’abeille.

Beaucoup pensent que c’est «seulement» une allergie ou une éruption cutanée. Mais cela va bien plus loin: c’est une vraie gêne dans la vie. Quand je sors par exemple, il peut arriver que je me fasse belle – et tout d’un coup, je suis défigurée parce que ma peau réagit à quelque chose ou que des pollens sont dans l’air et que mes yeux gonflent tellement qu’ils en sont presque fermés.

Un manque de compréhension

Quand je suis invitée et que je renonce par exemple à manger du céleri parce que ce légume peut provoquer une allergie croisée avec le pollen d’armoise, les autres pensent vite que je veux attirer l’attention sur moi ou me distinguer. Alors que j’aimerais tellement pouvoir vivre comme tout le monde!

Je ne sais jamais comment se passera la journée et de quoi j’aurai l’air quand je reviendrai chez moi. Mon humeur dépend beaucoup de l’état de mes allergies et de ma peau.

Désensibilisation

De 2013 à 2016, je me suis fait désensibiliser. Les six à huit premières semaines, je devais aller chez le médecin une fois par semaine pour une piqûre, puis une fois par mois. C’était compliqué, je devais toujours obtenir des congés. Malheureusement, cette immunothérapie n’a pas apporté le succès espéré.

L’allergie aux graminées s’est effectivement améliorée, de sorte que j’ai pu renoncer aux comprimés de cortisone. Mais avec l’allergie aux pollens, les choses ne se sont que légèrement arrangées et mon allergie aux acariens a même empiré depuis selon moi. Je prends maintenant un antihistaminique tous les soirs et tous les matins, ça va alors à peu près.

Pour les urgences, j’ai un kit de six comprimés, trois de cortisone et trois avec un antihistaminique. Si je mangeais des fruits à coque accidentellement par exemple, mon médecin m’a dit que cela pourrait être mortel. En petites quantités, j’ai «seulement» une réaction cutanée.

Expériences positives

denise-scheidegger.jpg
denise-scheidegger.jpg
Denise Scheidegger

Denise Scheidegger étudie à la Haute école pédagogique de Berne, niveau secondaire 1 (cycle supérieur 7e-9e classe) et devrait terminer son Master en janvier 2018. La jeune femme de 22 ans souffre du rhume des foins depuis l’âge de 13 ans.

J’ai une bonne expérience avec les médecins, je me sens bien suivie et prise au sérieux. Les personnes qui ne sont pas allergiques vous donnent de nombreux «bons conseils». Comme s’il était facile de se débarrasser de cette maladie.

En fait, il faut toujours la prendre en compte: quelle sera la météo, quels pollens vont être présents? Ce chocolat a-t-il des noisettes? Des choses même insignifiantes comme d’aérer des vêtements sur le balcon me sont impossibles, car ceux-ci seraient alors plein de pollens.

Quand j’aurai terminé mes études et que je serai enseignante, je souhaite sensibiliser les enfants à ce sujet, développer leur compréhension pour leurs camarades de classe souffrant d’allergies ou ayant d’autres besoins spécifiques.»

Publié le 13.03.2017,

de Martina Frei


Cela pourrait également vous intéresser: