Un lieu qui, musicalement, donne des ailes

Un lieu énergétique peut nous relier à la terre. Mais aussi donner des ailes. Bildstein, dans le Vorarlberg, permet à l’esprit de notre rédactrice Vera Sohmer de s’envoler, avec la contribution essentielle de Mozart.

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Le sanctuaire de Bildstein près de Bregenz

Le sanctuaire de Bildstein est actuellement en cours de rénovation et sera probablement rouvert fin 2017.

C’est par une soirée de novembre inhabituellement chaude que je suis venue pour la première fois à Bildstein, un petit village situé sur une chaîne de collines, près de Bregenz. Les lumières de douzaines de bougies vacillaient le long du chemin recouvert de gravier menant au sanctuaire. A l’intérieur, les bancs étaient déjà presque tous occupés. La vieille dame qui m’a aimablement fait un peu de place à côté d’elle m’a prévenue: «Qui a vécu cela une fois revient toujours.»

J’étais sceptique: le requiem de Mozart est l’un des standards de la musique classique. On peut souvent l’entendre. Et ce dans de magnifiques salles de concert aux sièges confortablement rembourrés, avec les meilleurs chœurs, les orchestres les plus renommés, les chefs les plus célèbres.

Droit au cœur

Les musiciens présents ne me disaient rien, et les bancs de l’église me brisaient les reins. Ce qui, cependant, n’a eu vite plus aucune importance. La représentation exerçait sa magie. Bildstein donnait manifestement à la musique un caractère particulier: intime et dépouillé, et donc si clair et si vrai. Il n’y avait ni cette ampleur des gestes, ni cette routine dépourvue de chaleur que l’on voit parfois dans les grandes représentations de musique classique. Ce requiem s’est ouvert le chemin de mon cœur.

Marcher sur les nuages

La vieille dame devait avoir raison. Depuis lors, Bildstein m’attire comme un aimant. Et je ne contente pas de gravir la route étroite et sinueuse quand un concert a lieu. La première expérience musicale que j’ai vécue ici m’a profondément marquée. Elle résonne encore dans mes oreilles, même dans l’absolu silence de l’église. S’asseoir sur l’un des bancs de bois, fermer les yeux, s’imprégner des mélodies. Puis se lever doucement et marcher comme sur des nuages.

Lorsqu’on pousse le portail principal de l’église, par un jour d’été ensoleillé, et que l’on foule la prairie offrant un superbe point de vue, un vent odorant vous enveloppe parfois. On a alors envie de déployer les bras et de s’envoler, sur les ailes de la musique de Mozart.

de Vera Sohmer


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