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Vivre plus sainement?

Consommé avec modération, le sucre n’est pas mauvais pour la santé

L’être humain aime tout ce qui est sucré, et donc le sucre. Autrefois, la saveur sucrée permettait de différencier les aliments toxiques de ceux qui ne l’étaient pas. Aujourd’hui, nous consommons deux fois plus de sucre que nécessaire. Notre experte Annina Erb explique ce que nous pouvons faire, au même titre que les fabricants de produits alimentaires, pour éviter de consommer trop de sucre.

Pourquoi aimons nous tant le sucré?

Nous avons une préférence rationnelle, relevant de la biologie de l’évolution, pour le sucré: le goût sucré est un signe de nourriture énergétique et sûre, c’est-à-dire non toxique. Un goût amer peut par contre indiquer un aliment nuisible à la santé.

Où y a-t-il réduction du sucre?

Migros est consciente de sa responsabilité en ce qui concerne les recettes des aliments et travaille en permanence à leur amélioration. Pour ce faire, différentes gammes de produits sélectionnées sont définies, pour lesquelles on s’efforce de réduire la teneur en sucre. Pour le yogourt, le séré et les céréales de petit déjeuner par exemple. Dans ses efforts de réduction de la teneur en sucre dans les produits, le détaillant est aussi partenaire d’actionsanté, une initiative de l’Office fédéral de la santé publique OFSP.

12 pour cent de sucre en moins dans les céréales

Concernant les céréales de petit déjeuner, au cours des dernières années, pour plus de 44 pour cent de la gamme commercialisée nationalement sous la marque Migros, les recettes ont pu être optimisées quant aux valeurs nutritives, tandis que d’autres produits ont été remplacés par des nouveautés améliorées. De plus, la teneur moyenne en sucre des céréales a pu être réduite de 12 pour cent.

Une autre promesse est faite: d’ici à fin 2018, la teneur en sucre de tous les sérés et Petit Suisse M-Classic, qui ne correspondent pas encore à la politique de Migros en matière de valeurs nutritives, sera réduite de 10 à 20 pour cent.

Combien de sucre consomment les citoyennes et citoyens helvétiques?

Selon l’Office fédéral de la sécurité alimentaire et des affaires vétérinaires (OSAV), la population suisse consomme en moyenne environ 44 kg de sucre par personne et par an. Cela représente presque 120 g par jour, et donc plus du double des recommandations de l’OMS, qui fixe la limite à 50 g de sucre «ajouté» par jour, soit l’équivalent de 12 cuillères à café. Cette quantité est contenue, par exemple, dans un demi-litre environ de boisson sucrée, d’Ice Tea, de yogourt à boire ou dans un grand pot de yogourt aux fruits.

Quel rôle joue le sucre incorporé dans les aliments produits industriellement?

Les raisons pour lesquelles du sucre est incorporé ou «ajouté» à des produits sont diverses. Dans certains d’entre eux – par exemple les confitures, sirops et autres – c’est important pour leur conservation. Mais le sucre est aussi un vecteur de goût: en petite quantité, il le transcende. Il est ainsi habituel d’incorporer une pincée de sucre dans une sauce tomate pour, de cette façon, «absorber l’acidité» comme on dit. L’ajout de sucre dans les sauces de salade ou les conserves au vinaigre vise le même but.

Il est extrêmement difficile d’éviter strictement le sucre dans son alimentation. Beaucoup de produits contiennent du sucre «caché».

Il est vrai que quantité de produits renferment du sucre, même ceux que l’on ne soupçonnerait pas. Cela concerne surtout les produits semi-finis et finis, car les denrées de base ou les aliments peu transformés ne contiennent toujours pas de sucre ajouté.

12 cuillères à café de sucre par jour sont vite atteintes: vrai ou faux?

Cela dépend de la façon de s’alimenter. Objectivement, les faibles quantités de sucre que l’on trouve dans des produits comme le pain, la sauce tomate, les conserves au vinaigre ou les viandes ne sont pas un problème pour les personnes qui veillent à avoir une alimentation saine. Dans un tel cadre, le sucre n’est en effet pas «interdit». 10 pour cent au maximum de l’énergie consommée quotidiennement devraient toutefois provenir du sucre. Cela correspond aux 50 grammes environ déjà évoqués, une quantité que l’on peut atteindre sans problème en consommant boissons sucrées, pâtisseries et produits laitiers sucrés ou friandises. Mais pas avec les produits dont il a été question ci dessus.

Que puis je faire si je veux renoncer complètement au sucre «ajouté»?

Il y a dans les rayons des commerces de détail un vaste choix de denrées alimentaires de base ou de produits peu transformés non sucrés. Des produits édulcorés avec un ersatz de sucre constituent une autre alternative. La liste des ingrédients indique si du sucre a été ajouté à un produit. Il est important de savoir si l’indication «dont sucre» du tableau nutritionnel figurant sur l’emballage fait référence uniquement au sucre cristallisé rajouté ou englobe aussi tous les autres types de sucre. Y compris ceux contenus naturellement par exemple dans le lait, les fruits et les légumes.

Par exemple?

Dans le yogourt nature M-Classic, une teneur en sucre de 5 g pour 100 g figure sur le tableau nutritionnel. Dans un yogourt nature, il n’y a certes pas de sucre au sens strict, mais le yogourt contient comme ingrédient principal du lait, et celui ci renferme naturellement du sucre lactique (lactose). La teneur déclarée en types de sucre correspond donc au lactose naturellement présent dans le lait.

Quelles indications sur un emballage correspondent-elles à du sucre?

Du sucre de table est le plus souvent employé, que l’on trouve sous l’appellation «sucre» dans la liste des ingrédients. Certains produits contiennent cependant d’autres types de sucre qui peuvent être par exemple du glucose (sucre de raisin), du fructose (sucre de fruit), du sirop de glucose-fructose, du maltose (sucre de malt) ou du lactose (sucre lactique). Sont en outre aussi utilisés différents aliments édulcorants comme du miel, des jus concentrés (d’agave ou de poire par exemple), des sirops (sirop d’érable ou de riz par exemple), ou des concentrés de jus de fruit.

Sous quels noms se cachent les édulcorants?

Les édulcorants figurent dans la liste des ingrédients soit avec leur appellation, soit avec le numéro E correspondant. Avant l’appellation ou le numéro E, on trouve toujours la mention de la classe dite fonctionnelle. Si par exemple l’édulcorant saccharine est utilisé, la liste des ingrédients du produit mentionne «édulcorant (saccharine)» ou «édulcorant (E954)».

Comment les fabricants peuvent-ils réduire la teneur en sucre?

Les premiers projets de réduction du sucre dans les yogourts ont été lancés par Migros dès 2011. Dans ce cadre, la teneur en sucre a été réduite de 5 à 10 pour cent dans 56 pour cent de la gamme nationale de yogourts. Depuis, les efforts de réduction n’ont pas cessé: rien que depuis 2016, la teneur en sucre des yogourts aromatisés, aux noisettes et aux fruits de Migros a de nouveau été diminuée de plus de 4 pour cent. D’autres suivront.

Existe-t-il des aliments dont la teneur en sucre ne peut être que difficilement réduite?

Oui, il y en a. Les produits à goût chocolaté présentent en général un gros défi. Nous avons constaté que pour eux, une partie des consommateurs n’acceptait pas une réduction de la teneur en sucre. Par exemple pour ce qui est de la nouvelle recette pour le Choco Müesli: avec elle, on ressent plus fortement le goût du chocolat, et le produit paraît dans l’ensemble un peu moins sucré.

Comment réduisez-vous personnellement votre consommation de sucre au quotidien?

Je veille à avoir dans l’ensemble une alimentation variée et équilibrée. Mais je m’autorise aussi de temps en temps une douceur.

Mueslis dont la teneur en sucres a été réduite

de Silvia Schütz,

publié le 20.04.2018


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